Par Peter Wood
7/5/2018

Aujourd’hui, la ministre fédérale de l’Environnement et du Changement climatique Catherine McKenna a réagi aux recommandations du Comité permanent de l’environnement et du développement durable de la Chambre des communes au sujet de la modernisation de la principale loi sur la pollution et les produits toxiques au pays, la Loi canadienne sur la protection de l’environnement. Dans sa réponse, la ministre a déclaré que même si le gouvernement est d’accord avec l’objectif des nombreuses réformes législatives proposées, il ne compte pas modifier la loi avant les prochaines élections. En effet, le gouvernement souhaite appliquer certaines mesures non législatives, comme l’élaboration d’une politique sur les populations vulnérables.

Quant à la recommandation de reconnaître le droit des Canadiens à un environnement sain, la ministre se dit prête à renforcer son engagement à ce sujet durant les deux prochaines années, sans toutefois donner plus de détails.

La décision de retarder les mesures à prendre à la lumière de ces recommandations est décevante. Il s’agit d’une occasion ratée d’améliorer la vie des Canadiens et d’économiser des milliards de dollars annuellement en frais de soins de santé. C’est aussi une occasion perdue de moderniser les lois sur l’environnement du Canada et de se joindre aux plus de 150 pays qui reconnaissent les droits environnementaux.

Le bon côté de tout ce processus d’évaluation, c’est qu’il a permis de mettre en lumière l’appui massif du public pour les droits environnementaux. Durant la dernière année, nous avons entendu l’appel de plus de 20 000 sympathisants qui demandent au gouvernement de suivre la recommandation de reconnaître le droit à un environnement sain. Un récent sondage indépendant reflète ce soutien du public : 92 % des gens sont en faveur d’une reconnaissance des droits environnementaux. Dernièrement, une pétition électronique de la Chambre des communes a recueilli au-delà de 10 000 signatures en quelques semaines à peine. Plusieurs députés ont donné leur appui à la cause, de même que quelque 500 scientifiques ainsi qu’un groupe formé des plus éminents professeurs en droit de l’environnement au pays. Une coalition composée de plus de 80 groupes pour la santé des femmes et la défense des droits de la personne s’est aussi ralliée à la cause. Plus tôt cette année, le NPD et le Parti libéral du Canada ont adopté des résolutions appuyant une charte fédérale des droits environnementaux, inscrivant ainsi cet enjeu dans le programme officiel des deux partis.

Avec l’aide de nos dévoués bénévoles, nous veillerons à ce que le gouvernement honore sa promesse de sensibiliser le public à cet enjeu. Au courant de la prochaine année et à l’approche des élections fédérales d’octobre 2019, le mouvement Bleu Terre fera appel à son réseau national de sympathisants pour inciter tous les politiciens et leur blocus à prendre des engagements fermes par rapport à cet enjeu.

Crédit photo: Ottawa Tullips Festival de Michel Rathwell (CC BY 2.0).