Par Alaya Boisvert
3/20/2017

Ce 22 mars, à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, mobilisons-nous avec les peuples des Premières Nations du pays. Il est de notre devoir collectif d’agir en solidarité avec les peuples autochtones du pays.  Ensemble, nous pouvons faire entendre nos voix à Ottawa pour soutenir les mesures développées par les Premières Nations dans le but de garantir de l’eau potable dans leurs communautés!

– Alaya Boisvert, Responsable des relations gouvernementales pour la campagne Bleu Terre de la Fondation David Suzuki

FullSizeRender (1)Je suis née sur le territoire de la communauté autochtone de Shíshálh (ou Sechelt), sur la belle côte ensoleillée de Colombie-Britannique. Pourtant, ce n’est que beaucoup plus tard que j’ai pris conscience de l’histoire coloniale du Canada. Lors de mes études, j’ai appris que certains pays d’Amérique latine avaient été marqués par l’oppression coloniale et c’est alors que je me suis posé des questions sur notre propre histoire… Depuis ce jour, je continue mes recherches sur ces questions et je suis souvent choquée par les perpétuelles injustices historiques auxquelles sont confrontées les communautés autochtones.

Une des injustices les plus criantes concerne notamment le manque d’accès à l’eau potable dans de nombreuses communautés des Premières Nations du pays. Ainsi, plus de 150 000 personnes vivant dans les communautés autochtones utilisent l’eau provenant d’usines de traitement et de réseaux de canalisations que le gouvernement juge être « à risque élevé ou moyen ». Or, c’est la responsabilité de notre gouvernement fédéral de permettre à toutes et à tous d’avoir droit à de l’eau propre et potable.

Il y a près d’un mois, avec plusieurs de mes collègues de la Fondation David Suzuki et, en collaboration avec d’autres organisations, nous avons réalisé une étude afin de faire reconnaître le droit à un environnement sain au pays – y compris le droit à de l’eau propre. En effet, l’an dernier, le gouvernement fédéral s’est engagé à mettre fin à tous les avis concernant la qualité de l’eau potable à long terme dans les communautés autochtones d’ici cinq ans. Le budget fédéral de 2016 prévoyait 1,8 milliard de dollars pour aider à résoudre cette crise d’ici 2020, et ce, outre les fonds déjà investis dans les infrastructures, le traitement et la gestion de l’eau. Toutefois, nos examens démontrent que le gouvernement n’est pas en voie de respecter son engagement.

Ainsi, à l’automne 2016, il y avait 156 avis concernant la qualité de l’eau potable touchant 110 communautés autochtones au Canada. Bon nombre de ces avis sont récurrents et certains sont même en place depuis plus de 20 ans. Et, comparativement aux autres ménages du pays, la probabilité de ne pas avoir l’eau courante est 90 fois plus élevée chez ceux des Premières Nations (source : Département des affaires économiques et sociales de l’ONU, secrétariat de l’Instance permanente sur les questions autochtones, 2009).

Ce 22 mars, à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, unissons nos forces pour nous assurer que le gouvernement fédéral tienne sa promesse de mettre fin à la crise de l’eau potable dans les communautés des Premières Nations d’ici 2020.

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Nous pouvons montrer au gouvernement fédéral que l’enjeu de l’eau insalubre dans les communautés autochtones ne concerne pas seulement les Premières Nations, mais bien tous les citoyennes et citoyens. Tout le monde au pays a droit à de l’eau potable.

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